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Indice de réparabilité: Qu’est ce que c’est ?

Par Tatiana S., le 3 décembre 2020, mis à jour le 13 février 2021 — 8 minutes de lecture
Technicien Électronique réparation smartphone endommagé dans l'atelier

Cet indice de réparabilité vise à lutter contre l’obsolescence attendue et veut donner au grand public un moyen simple de prolonger la vie des appareils électriques et électroniques, selon une logique proche de celle du label énergétique qui couvre les réfrigérateurs et les machines à laver depuis de nombreuses années. Mais comment cet indice est-il déterminé ? Quelles sont les nouvelles possibilités qu’offre la loi ? Que pouvons-nous attendre de cette nouvelle mesure ?

Un nouveau logo minuscule apparaîtra à côté de certains appareils électroniques à partir du 1er janvier 2021 : l’indice de réparabilité. Conçu pour prolonger la durée de vie de nos appareils, cet indice a de grandes ambitions et ne s’arrête pas là.

L’affichage obligatoire et visible

Lorsque l’acte d’achat est effectué dans les magasins et sur les pages des marchands, cet indice doit être clairement visible par le client, à côté du prix. Selon la note, la couleur peut varier du rouge vif au vert foncé, en passant par l’orange et le jaune. Le projet va jusqu’à définir la taille de la police qui doit être au moins aussi élevée que le prix en rayon pour les chiffres de la note. Dans ce cas, « la taille de la représentation graphique est laissée libre tant qu’elle est visible et lisible » ; les fabricants peuvent souvent choisir d’apposer l’index directement sur l’emballage de l’objet.

Une note de 1 à 10 en fonction de cinq critères

Cinq critères de définition de cet indice sont donnés. Ensuite, les documents que le fabricant a émis pour l’orienter. Ensuite le « remontage » de la marchandise et le « démontage » Il serait plus facile de l’ouvrir dans le cas d’un téléphone s’il faut un tournevis disponible dans n’importe quel magasin que, par exemple, s’il est collé.

Nous savions déjà que l’indice de réparabilité serait basé sur cinq critères :

  • Fournir la documentation du fabricant ;
  • L’aptitude du produit au démontage ;
  • La disponibilité des pièces de rechange ;
  • Le rapport entre le prix de la pièce de rechange la plus chère et le prix du produit d’origine ;
  • Et le dernier critère, spécifique à la catégorie du produit concerné cette fois-ci.

Troisièmement, l’approvisionnement en pièces détachées. Il y a alors une relation entre le prix de la pièce de rechange la plus chère et le prix du produit d’origine. Enfin, le cinquième critère est facultatif : le compteur de consommation. Il est déjà présent et permet de suivre le nombre de cycles d’une machine à laver. C’est à ce matériel que le réparateur a accès. Cela permet de le rendre également visible pour l’utilisateur.

En fait, cet indice de « réparabilité » existe déjà à la Fnac-Darty. Il a été ajouté sur tous les ordinateurs et tablettes PC. Les produits sont classés de 1 à 10, 2 étant la note la plus basse et 7 la plus élevée.

À partir de 2022, les contrôles de cet affichage seront précis. « Cela leur permettra de faire un choix éclairé et de mieux comparer les différents modèles d’une même catégorie », précise Camille Beurdeley (déléguée générale du Gifam, le groupement des marques d’appareil pour la maison), ajoutant que les appareils qui seront les mieux notés ne seront pas nécessairement les plus coûteux ».

L’objectif de cet indice, selon le ministère, est évidemment d’aider les gens à effectuer des réparations supplémentaires, mais aussi de permettre aux fabricants d’intégrer les exigences de réparabilité dès la conception de leurs produits. Ainsi, ces produits « éco-conçus » seraient plus fiables, et lorsque l’indice de réparabilité devient un indice de durabilité, ils sont plus réparables et donc plus résistants (2024).

Par ailleurs, il faut rappeler qu’aujourd’hui, en France, seulement 40 % des pannes de produits électriques et électroniques donnent lieu à une réparation. « L’objectif est de passer à 60 % d’ici cinq ans ».

Quels sont les produits concernés par l’indice de réparabilité ?

La portée exacte des éléments visés par l’index est l’un des points clés qui reste à expliquer. Le projet de décret sur ce point n’est pas clair. L’ensemble des machines à laver, tablettes, smartphones, téléviseurs et tondeuses électriques doivent être exposées sur les rayons de l’association Halte à obsolescence programmée (HOP) au 1er janvier 2021. Cependant, le « fort lobbying » des producteurs font pression pour que l’indice ne s’applique qu’aux nouveaux appareils mis en vente à partir de 2021.

Quant aux fabricants, « ils font tout pour être prêts en 2021 ». Cependant, le responsable du développement durable de la communauté interprofessionnelle des fabricants d’équipements ménagers (Gifam) envisage une hausse en cours d’année pour garantir un résultat juste et fiable.

De plus, les professionnels du numérique s’accordent à dire que l’indice a été développé pour donner un signal aux producteurs et développer des pratiques pour les nouveaux produits. Dans une industrie marquée par une baisse constante des prix des nouveaux produits, le ratio qui compare le prix des pièces détachées au prix du produit devrait être calculé pour rendre les indices comparables au moment du lancement du produit.

Smartphone moderne craqué

Un indice pour discipliner les constructeurs contre l’obsolescence programmée

En conséquence, a priori, les critères les plus importants dans le processus de réparation seront la disponibilité de la documentation, la difficulté du démontage et du remontage, ainsi que la disponibilité des pièces de rechange. Ce dernier point est également un point important, puisqu’il est en fait articulé dans l’article 4 de la loi, qui garantit une information complète et fiable sur la disponibilité des « pièces de rechange » lors de l’achat d’un produit. Ces pièces doivent également provenir en partie de l’économie circulaire et être mises à la disposition du public dans un délai de 15 jours ouvrables.

Le prix de la réparation lui-même est le seul point aveugle de ce système : le rapport de montage admet sans problème que le prix est souvent le principal facteur de discrimination pour le consommateur qui envisage de faire réparer un produit » mais explique que le prix de la réparation varie d’un réparateur à l’autre, ce qui rend difficile la fixation d’un prix de référence a priori. « le prix de la réparation varie d’un réparateur à l’autre, ce qui rend difficile la fixation d’un prix de référence.

Mais l’indice de réparabilité ne sera pas seulement un outil pour savoir si le changement du filtre de votre machine à laver sera facile ou non. Le gouvernement explique qu’il vise également à « discipliner les acteurs du marché et à les encourager à rechercher eux-mêmes la meilleure note ». Une façon de faire pression sur les producteurs qui ne peuvent pas cacher leurs mauvaises notes. Le gouvernement espère donc, « comme ce qui s’est passé avec le label énergétique », que les produits mal notés seront « retirés du marché par les producteurs eux-mêmes ».

« Les constructeurs qui jouent le jeu de l’indice de réparabilité sont sûrs d’être les gagnants en termes de marketing », prophétise Véronique Riotton. Un nouveau plan d’action européen, qui vise à sauvegarder le « droit à la réparation » et qui souhaite informer le public sur la « performance environnementale des produits dans les rayons des magasins », pourrait contribuer à cette affaire.

À quoi servira cet indice de réparabilité ?

Le gouvernement entend ainsi réduire les déchets, prolonger la durée de vie des objets et l’utilisation des produits, tout en luttant contre l’obsolescence programmée en prolongeant la vie d’un produit afin d’améliorer son impact environnemental, mais aussi de créer des emplois dans le secteur de la réparation, tout en ayant une alternative à l’hyper-consommation qui connaît ses derniers moments.

Comme pour l’étiquetage énergétique, l’objectif de cet indice est non seulement de modifier le comportement des clients, mais aussi des producteurs et de créer une concurrence entre les différentes marques.

L’avenir s’oriente-t-il vers un nouvel indice de durabilité du produit ?

Sur ce sujet, deux logiques peuvent être opposées : le produit peut avoir une longue durée de vie et, en raison de sa fiabilité, être peu réparable. Par exemple, le téléphone coincé sera moins réparable et plus résistant à l’humidité en même temps, donc plus fiable. Ce type d’arguments devra faire l’objet d’un accord.

La loi prévoyant la parution de ce nouvel indice en janvier 2024 a encore au moins cinq ans pour le faire.

FAQ

Comment se présente l’indice de réparabilité ?

L’indice de réparabilité permettra aux consommateurs de savoir, sous la forme d’une note allant de 0 à 10, si un équipement électronique peut être facilement réparé.